Ahmès, scribe d’Egypte Galerie de portraits : les dieux du panthéon égyptien

De la nature des dieux de l’Égypte


Cette page et son contenu sont un complément textuel direct en rapport avec le roman « Ahmès, scribe d’Egypte » de Nicolas KOCH (à paraître prochainement)


Historiquement, c’est dans la période préhistorique qu’il faut rechercher les racines de la religion, et plus précisément au sein de ces clans qui se sont progressivement formés sur les rives du Nil, bien avant l’avènement du premier pharaon. Chaque chefferie avait son dieu tutélaire, bien souvent un animal divinisé, comme le chacal ou le faucon. Avec la fondation d’une monarchie centralisée, chaque nome gardait son emblème. Mais dès lors, les choses se modifièrent peu à peu : apparaissent des dieux anthropomorphes, mi-homme, mi-animaux, et les spécialistes ont pu constater de nombreux « syncrétismes », un mot barbare qui désigne une sorte de fusion entre deux divinités. Ainsi, à Abydos par exemple, le dieu local des morts Khenty-Imentiou, un chacal, s’est-il « fusionné » avec Osiris, pour devenir l’Osiris-Khenty-Imentiou, c’est-à-dire « celui qui préside aux Occidentaux », autrement dit les morts (cf. chapitre suivant). Furent également élaborées ce que nous appelons des triades, des groupements de trois dieux ; ainsi celle de Karnak, Amon le père, Mout la mère et Khonsou le fils.

Mais qui sont-ils finalement tous ces dieux et déesses de cette Égypte ?

Il est bien difficile de définir une nature bien spécifique aux divinités du panthéon égyptien. N’essayons pas de comparer avec un autre panthéon bien connu, celui de la mythologie grecque car au sein de celui-ci, les dieux sont des êtres inaccessibles et immortels. Rien à voir avec les dieux égyptiens qu’ils ont d’ailleurs tenté d’assimiler avec les leurs au cours de la période grecque.

Ces dieux ne sont donc pas, soulignons-le à nouveau, des êtres inaccessibles, ils appartiennent au monde et se placent « au même plan que les éléments naturels et les êtres vivants » . Certains naissent, sont blessés ou meurent tels des hommes, l’ombre planante du faucon ou du vautour, la silhouette d’un hippopotame dévastant les récoltes ou l’élégant ibis niché sur ses longues pattes, le chien sauvage du désert, la vache féconde, la taureau puissant… tous ces animaux déifiés sont proches de l’homme, le menace pour certains ou lui rendent des services.

L’une des caractéristiques de toutes ces divinités étaient qu’elles pouvaient se manifester sous des formes et des apparitions diverses ; ainsi n’y avait-il pas d’image figée d’un dieu qui pouvait prendre multiples costumes, ceux-ci ne constituent donc pas un moyen simple et efficace pour les reconnaître ! D’ailleurs parfois, seul le nom de la divinité écrit à côté de son image pouvait l’identifier : c’est le cas par exemple avec Hathor et Isis dont les représentations sont parfois très semblables. Bien souvent, les dieux portent un pagne comme les hommes et les déesses une longue tunique à fourreau ; certains sont enserrés dans une gaine comme Osiris ou Ptah, et d’autres tiennent des attributs spécifiques, Osiris ceux de la royauté, flagellum et sceptre, couronne Atef… Anubis est parfois représenté sous les traits d’un chacal installé sur un coffre ou en homme à tête de chacal, Thot est tantôt un homme à tête d’ibis ou un babouin accroupi. Idem pour les couleurs, rien de jamais systématique : Osiris est parfois peint en bleu, Anubis la tête noire…

Faisons à présent un petit tour de quelques-unes des plus importantes divinités car il est absolument impossible d’être exhaustif ici !

Galerie de portraits


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Amon/Amon-Rê

Amon « le caché », voici bien un dieu assez insaisissable qui n’apparaît vraiment qu’avec le Moyen Empire et l’émergence de Thèbes d’où il est originaire et qui deviendra au cours du Nouvel Empire le dieu le plus important de la royauté égyptienne, créateur universel et dieu dynastique.

On pense qu’il était à l’origine un dieu de l’air et du vent. Il est représenté le plus souvent en homme portant une couronne ornée de deux plumes, la peau de couleur mate. On le croisera parfois sous les traits d’un bélier, un aspect adopté dès les début du Nouvel Empire (pensons à l’allée de criosphinx devant le premier pylône à Karnak).

Vénéré tout d’abord à Karnak, c’est un dieu de la fécondité, associé parfois à Min (originaire de Coptos), autre dieu géniteur, pour devenir Amon-Min. Il connaîtra un essor important dès le Moyen Empire – supplantant le dieu guerrier Montou –, avec des pharaons comme Amenemhat dont le nom « Amon est en tête » illustre parfaitement l’ascension du dieu sur le devant de la scène religieuse ! Se développe alors nécessairement un puissant clergé associé à son culte dont nous connaissons le devenir au cours du Nouvel Empire. Amon devient alors le « seigneur des trônes du Double-Pays », le « roi des dieux » et va être également assimilé avec une autre divinité solaire importante, Rê d’Héliopolis, pour former Amon-Rê, probablement assez tôt dans l’histoire sans que nous sachions précisément à quel moment. Avec Ramsès, il devient un dieu de la guerre accompagnant Pharaon dans ses victoires sur les ennemis. Il forme, avec Rê et Ptah, l’un des groupes les plus importants du panthéon égyptien.

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Anubis

Le chacal (ou chien sauvage plus précisément) est l’animal des déserts qui, chaque soir, vient rôder près des habitations et des nécropoles en quête d’une maigre nourriture, déterrant parfois les cadavres. Très tôt donc, les Égyptiens ont tenté d’apprivoiser sa menace en le divinisant sous la forme d’Oupouaout, « celui qui ouvre les chemins », un dieu guerrier vénéré à Assiout. Ce dieu-chacal deviendra rapidement un dieu funéraire associé à Anubis, l’embaumeur d’Osiris dans le mythe (il serait le fils illégitime de la relation entre Osiris et sa demi-sœur Nephtys), dès l’Ancien Empire car il est déjà mentionné dans les Textes des Pyramides comme étant lié au travail de momification et à la cérémonie de l’embaumement. Il est alors figuré comme un un homme à tête de chacal. Lors de la cérémonie de la pesée du cœur (psychostasie), qui permet au défunt de savoir s’il peut prétendre à l’au-delà, c’est Anubis qui est chargé de la pesée, secondé par Thot. Il conduit également le défunt devant le tribunal. Il était parciulièrement vénéré dans le 17e nome de Haute-Égypte, à Cynopolis, « la ville du chien ».

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Apis

Ce dieu-taureau, la puissance incarnée, a été très tôt vénéra par les Égyptiens comme hypostase du dieu Ptah et son culte perdura jusqu’à la période gréco-romaine, où il est particulièrement mis en avant sous la forme de Sérapis. Taureau, il est le symbole de la fertilité, de la force. Il est figuré comme un homme à tête de taureau et est symbolisé par le taureau vivant qui, au moment de sa mort, devient un Osiris. L’Osiris-Apis est alors en quelque sorte un garant de l’immortalité du défunt. Il fallait donc alors retrouver un nouvel Apis parmi les taureaux, porteur des signes sacrés : la robe noire, ou blanche avec des taches noires, un triangle sur le front, une forme d’aigle dans le cou, un dessin de scarabée sous la langue, etc. Une fois le nouvel Apis trouvé, ceci était l’occasion d’une longue procession vers Memhpis où il était fêté en grande pompe, tout comme la cérémonie de son décès. L’Apis avait droit à un tombeau qui lui était propre, qui devint commun à partir du premier Ramsès, que vous connaissez sous le nom de Sérapéum, situé à Saqqarah.

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Bastet

La déesse-chatte, parfois considérée comme une forme de la déesse-lionne Sekhmet, vénérée à Bubastis dans le Delta, dont le nom en égyptien, Per-Bastet, « la maison de Bastet » est particulièrement révélateur. L’historien grec Hérodote évoque d’ailleurs de somptueuses fêtes associées à son culte auxquelles assistaient des centaines de milliers de personnes.

Déesse bienveillante de l’humanité, de la musique et des chants, elle était toutefois capable de terribles colères, prenant alors les traits vraisemblablement de la lionne guerrière Sekhmet. Elle peut encore être protectrice du foyer, des enfants et de la maternité.

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Hathor

Son culte est très ancien, probablement existant déjà à la préhistoire. Son emblème, une tête de vache aux longues cornes lyriformes a été retrouvé sur une palette préhistorique datée d’environ ~4300 . Elle est également représentée sur la fameuse palette de Narmer.

La vache Hathor est souvent confondue avec la voûte céleste, toutes deux symbole de fertilité ; le ciel était alors le corps d’une vache dont le ventre était recouvert par les étoiles, reposant sur ses quatre pattes qui soutenaient la voûte céleste. Son nom égyptien Hout-Hor fait d’elle le « château d’Horus », parfaitement symbolisé dans le mot en hiéroglyphe. Elle est ainsi une déesse nourricière, reine des contrées étrangères ; elle était encore une déesse de la danse, de la joie et de la musique. Ses prêtresses évoluaient portant à la main des sistres, c’est-à-dire une sorte d’instrument de musique composé d’une poignée et d’une corps de bronze en forme de U percé de trous au travers desquels passaient des tiges métalliques portant des anneaux. Lorsqu’on secouait l’instrument, il émettait une sorte de bruit de grelot ou de crécelles provoqué par l’entrechoquement du métal, probablement assez incommodant d’ailleurs pour nos oreilles d’homme moderne.

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Horus

L’image du faucon planant inlassablement dans le ciel de l’Égypte explique l’apparition précoce de cultes voués à cet animal, et dont Horus « le lointain » est l’un des plus importants, en tout cas il sera associé à de nombreux petits cultes locaux. À Hiérakonpolis (3e nome de Haute-Égypte), il était un oiseau dont les deux yeux étaient la lune et le Soleil, élément qui se retrouve encore en Basse-Égypte, à Létopolis (2e nome) où il est l’Horus-Khenty-Irty, « l’Horus qui préside aux deux yeux ». À Héliopolis encore, un Horus était adoré sous la forme d’Horakhty, « l’Horus des deux horizons », divinté solaire rapidement associée à Rê pour former Rê-Horakhty, manifestation du Soleil entre son lever et son coucher et alors figuré en oiseau à tête humaine. Le mythe d’Osiris en fait le fils de celui-ci après sa résurrection. Horus va alors affronter son oncle Seth afin de prendre à sa place le trône de l’Égypte. Il perd un œil lors du combat, le fameux « œil d’Horus », ou « œil Oudjat » reconstitué par le dieu Thot souvent porté comme amulette par les Égyptiens et fréquent objet de souvenir pour les touristes !

C’est un dieu dynastique par excellence, nous avons vu que depuis l’aube de l’histoire, le pharaon porte le nom d’Horus. Car cet Horus est un roi-dieu, héritier légitime du trône d’Égypte à la mort d’Osiris mais jalousé par son oncle Seth. Il est alors représenté en homme à tête de faucon (on dit hiéracocéphale), portant la Double-Couronne d’Égypte. Vous l’avez compris, c’est une divinité aux multiples casquettes qui peut prendre de nombreuses formes. On croisera à Chemnis (19e nome de Basse-Égypte), un Horus-fils-d’Osiris, associé au mythe de ce dernier ; nous sommes seulement à quelques pas de la ville de Bouto, lieu d’origine du culte d’Osiris, ce qui explique qu’Horus, dieu solaire, y ait été associé.

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Isis

Si elle est pourtant très célèbre, les origines d’Isis se perdent un peu en conjectures. Sorte de déesse-mère à l’époque gréco-romaine, qui vit l’érection de plusieurs lieux de culte à son endroit, elle apparaît déjà dans les Textes des pyramides où elle protège le corps du défunt en l’empêchant de pourrir ; nous pouvons encore la voire protégeant de ses bras le sarcophage. Elle est souvent, aux époques anciennes, représentées avec un trône reposant sur sa tête, tandis que plus tardivement, elle est souvent pourvue de cornes enserrant un disque solaire, se confondant alors avec les attributs d’Hathor. Isis est surtout célèbre car elle est partie prenant du mythe d’Osiris. Elle est la sœur-épouse parfaite qui va chercher, avec Nephtys le corps de son divin époux et le reconstituer afin qu’il ressuscite.

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Khepri

Homme à tête de scarabée, c’est une divinité solaire, personnification du Soleil à son lever, avant qu’il ne devienne Rê à son zénith puis Atoum à son coucher ; son nom d’ailleurs est formé avec le verbe qui signifie « venir à l’existence ». Il était vénéré bien évidemment à Héliopolis et porte souvent le sceptre ouas et le symbole de la vie. Khepri forme donc, avec Rê et Atoum, une triade souvent adorée dans les temples.

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Maât

Nous avons eu l’occasion de parler auparavant de cette notion de maât pour les Égyptiens, celle de la vérité-justice, sorte de loi universelle régissant l’ordre cosmique et l’équilibre du monde que doit faire régner le pharaon. La déesse Maât est donc la personnification de cette règle immuable qui, si elle est dérogée, peut faire basculer l’Égypte dans le chaos, le désespoir et la misère. Nous avons vu dans la figure ?? le pharaon Séti Ier, dans un relief de son temple d’Abydos, offrir la Maât en l’élevant jusqu’au niveau de la narine, acte fondamental pour la stabilité du monde.

C’est une femme portant sur la tête une plume d’autruche symbolisant son nom. C’est ainsi qu’au cours de l’épisode de la psychostasie, la pesée du cœur au moment du tribunal des morts, le cœur du défunt est-il pesé à l’aune de la plume de Maât. S’il est plus léger que celle-ci, le défunt peut accéder à l’au-delà et à la vie éternelle. Le vizir lui-même est grand-prêtre de la déesse.

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Min

Dieu ancien de la fertilité, Min était adoré à Coptos en Haute-Égypte. Divinité anthropomorphe, elle est représentée en homme debout, gainé, ithyphallique. La gaine figure l’écorce de l’arbre et est donc le symbole de la fertilité. Min tient dans sa main le flagellum et ses chairs sont très souvent colorées en noir, couleur de la fertilité (pensez aux limons du Nil qui permettent à l’agriculture de fleurir dans la Vallée). Il porte également sur sa tête la même couronne qu’Amon ; il lui est d’ailleurs souvent associé pour former Amon-Min.

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Montou

Dieu-faucon de la région de Thèbes, Montou est surtout vénéré à partir de la Première Période intermédiaire, au moment où émerge la XIe dynastie thébaine. Il est alors un dieu guerrier, représenté en homme à tête de faucon, coiffé d’une couronne semblable à celle d’Amon et Min, et d’uræus. Il est en fait adoré dans plusieurs villes, notamment Médamoud ou Tôd.

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Neith

Déesse guerrière du Delta, de Saïs plus particulièrement (5e nome), où elle est vénérée depuis probablement les débuts de la civilisation pharaonique., voire très certainement dès la préhistoire D’ailleurs, le signe hiéroglyphique qui sert à écrire son nom (deux flèches croisées dans une peau animale) est également utilisé pour désigner le nome d’où la déesse est originaire : Pasted Graphic .

Sa nature est particulière. Neith est certes une femme, déesse protectrice grâce à ses flèches, mais elle peut-être parfois un homme  ou un être androgyne. On la dit mère du dieu Sobek, étant souvent représentée allaitant un ou deux crocodiles. Elle protège également les vases canopes renfermant les viscères des pharaons momifiés, accompagnée d’Isis, de Nephtys et de Sekhmet, les « déesses qui protègent le trône ».

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Nepthys

Déesse anthropomorphe, elle protège le mort, représentée sous les traits d’une femme portant sur sa tête les signes hiéroglyphiques superposés, servant à écrire son nom Neb-Hout. Son lieu de culte principal est à Héliopolis, en tant que « membre » de l’Ennéade, sœur de Seth et fille du couple Geb-Nout.

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Osiris

Dieu des morts par excellence, Osiris est probablement l’un des dieux les plus connus du grand public. Il est originaire du Delta, de Bouto où il était vénéré très tôt comme dieu de la fertilité, de la renaissance du monde végétal. Il devient par la suite le garant de la vie éternelle des défunts dans l’au-delà, le « premier des Occidentaux », associé alors au dieu-chacal abydénien Khenty-Imentiou.

Dès lors qu’il devient le dieu funéraire que l’on connaît, à partir des Textes des Pyramides, le défunt est même assimilé à un Osiris lorsqu’il réussit l’épreuve de la psychostasie organisée par Anubis et Thot. Il est représenté en homme gainé, la peau mate, portant une couronne Atef, le sceptre et le flagellum qui sont les emblèmes de la royauté. Ses chairs peuvent être vertes ou noires ; quant à la gaine, elle a le même symbole que pour le dieu Min.
Osiris est surtout célèbre grâce à son mythe dont nous connaissons plusieurs versions, et en particulier celle transmise par Plutarque dans son De Iside et Osiride. Il écrit qu’Osiris, alors roi, est jalousé par son frère Seth qui complota pour le faire assassiner en le noyant. Désespérées, ses deux sœurs Isis et Nephtys partent à sa recherche et repêchent son corps du côté de Byblos. Ramené alors en Égypte, Seth découvre le corps et le découpe en quatorze morceaux qu’il disperse dans les eaux du Nil. Rassemblant les parties de celui-ci, Isis et Nephtys le reconstituent (à l’exception de son phallus avalé par un poisson) afin de l’embaumer grâce à Anubis. Ranimé par Rê, Osiris réussit à féconder sa sœur Isis qui enfentera alors Horus, élevé dans les marais du côté de la ville de Chemnis dans le Delta. Ce dernier chercha d’ailleurs à le venger en défiant Seth lors d’un combat au cours duquel il perd un œil. Horus peut alors monter sur le trône de son père Osiris et devenir roi à sa place.

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Quelques dieux représentés dans un Livre des morts d’un dénommé Khonsoumès, daté des environs de ~1 000. © N. Koch, Musée du Louvre, Paris. À gauche, en partant du milieu, Rê-Horakhty-Atoum, Osiris-Khenty-Imentiou-Oun-nefer, Isis et Nepthys. Le défunt est en train de présenter une offrandes à toutes ces divinités. Le texte hiéroglyphique de ce document cite les différentes divinités (registre de gauche) ainsi que les titres du défunt, à partir de la cinquième colonne dans le registre de droite, en partant de la gauche. Khonsoumès est cité comme étant un « père du dieu », une catégorie de prêtres du haut clergé secondant les grands prophètes, dans le temple de Karnak et dans celui de Mout ; il est encore « supérieur des scribes du Double-Trésor dans le domaine d’Amon », c’est-à-dire Karnak.
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Ptah

Grand dieu de Memphis depuis les temps prédynastiques, Ptah est un dieu anthropomorphe, représenté debout et gainé, tenant un sceptre ouas dans ses mains, parfois adossé au pilier djed symbole de stabilité. Il est le dieu des artisans, de la construction et des architectes. Avec Néfertoum et Sekhmet, dont il est l’époux, il forme la triade memphite. Doté d’un puissant clergé (le grand prêtre est d’ailleurs nommé le « premier de tous les artisans »), Ptah est un démiurge créateur dans la cosmogonie memphite, par la pensée et le Verbe qui s’incarne dans son hypostase, le taureau Apis. Son rôle d’artisan fait qu’il est vénéré un peu partout en Égypte, lors des chantiers « pharaoniques » à toutes les époques. Son culte prend toutefois un certain essor avec le Nouvel Empire et perdurera très largement au cours de la période gréco-romaine.

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Rê, le nom même de l’astre du jour, est le dieu solaire par excellence, depuis les débuts de l’histoire. Certes vénéré dans toute l’Égypte, son lieu de culte originel est bien à Héliopolis. Représenté le plus souvent sous les traits d’un homme hiéracocéphale portant un disque solaire sur la tête, Rê a été dès la Ve dynastie associé à la royauté grâce au « nom de fils de Rê » qui fait partie de la titulature du pharaon à partir de cette date.

Rê est associé à de nombreux mythes qui traitent de son passage sur la terre, de sa vieillesse et de son départ. Parmi ceux-ci, évoquons la légende dite de la « Lionne de Nubie » . Tefnout, fille de Rê, personnification de l’œil du Soleil, s’étant exilé en Nubie, prenant les traits d’une lionne redoutable, Rê se morfond à Héliopolis et décide d’engager des recherches pour la retrouver. Il demande alors à Thot et à Shou de se rendre en Nubie, Shou prenant les traits d’un lion sensé dompter la lionne et Thot l’amadouer par ses paroles divines. Mais une fois Tefnout retrouvée, celle-ci est enragée. Les deux dieux partis à sa recherche décident donc de se métamorphoser en petits singes inoffensifs et peuvent alors approcher la lionne Tefnout. Ils réussissent finalement à la décider de rentrer en Égypte où des temples seront édifiés pour elle. Plongée dans les eaux près de l’Abaton – une île située près de Philæ – où elle se transforme alors en Hathor et peut donc rejoindre, apaisée, l’Égypte où elle est accueillie par de grandes fêtes en son honneur.

Un autre mythe célèbre est celui de la « rebéllion des hommes » qui se révoltent contre le dieu solaire. Horus, sous sa forme ancienne d’Haroéris ou « Horus l’ancien » -
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Quant à la « succession de Rê », c’est Shou qui prend la place de son père sur le trône d’Égypte mais est querellé par Geb.

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Sekhmet

Épouse de Ptah dans la triade memphite, Sekhmet est une déesse lionne redoutable et dangereuse. Femme à tête féline (léontocéphale) couronnée d’un disque solaire, elle est représentée souvent assise sur un trône. C’est une divinité certes féconde mais encore guerrière, aussi patronne des médecins car elle est porteuse des remèdes. Elle est encore l’instrument de la vengeance de Rê contre les hommes.

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Sobek

Ce dieu-crocodile fils de Neith est essentiellement adoré au Fayoum, à partir du Moyen Empire, et particulièrement à Kom-Ombo (2e nome de Haute-Égypte) où était également vénéré le faucon Haroéris. L’animal était, il est vrai, un danger pour les hommes, patientant au gré des remous du Nil pour surgir et se saisir de sa proie, mais il était encore annonciateur d’ne crue favorable aux récoltes ; il paraissaît donc utile pour les Égyptiens de le vénérer. Sobek était figuré sous les traits d’un dieu humain à tête de crocodile ou parfois simplement en crocodile.

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Thot

Dieu-ibis, il est à l’origine un dieu lunaire originaire du Delta mais particulièrement vénéré à Hermopolis. Ce magnifique oiseau aux longues pattes, hôte des rives du Nil et des marais, était particulièrement familier des Égyptiens ; il était pour eux un oiseau bénéfique car il éloigne les serpents. Sensé pallier à la décroissance des phases de la lune, Thot est devenu par la suite le garant de l’ordre établi et par extension le dieu qui intervient à chaque opération intellectuelle. Ainsi, il est considéré comme l’inventeur de l’écriture et des hiéroglyphes. Dans cette optique, c’est tout naturellement que Thot est le scribe et greffier divin, patron de ceux-ci, qu’il est présent lors de la cérémonie de la psychostasie en preneur de notes. Il est encore le détenteur de tous les savoirs, et donc des sciences, sage conseiller que les dieux consultent.