Ahmès, scribe d’Egypte Memphis, la « balance des Deux-Terres »

Memphis, la « balance des Deux-Terres »


Cette page et son contenu sont un complément textuel direct en rapport avec le roman « Ahmès, scribe d’Egypte » de Nicolas KOCH (à paraître prochainement)


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Ineb-Hedj, « le Mur blanc »

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Men-nefer, « Memphis », nom de la pyramide de Pépi Ier à Saqqarah. Le dessin de la pyramide est aisément identifiable. La petite vipère placée au-dessus de la bouche (son « r ») note le son « f ».

Certains auteurs grecs indiquent que Narmer/Ménès aurait été le fondateur de la ville de Memphis. Il y aurait également développé le culte du taureau Apis. Hérodote indique qu’il aurait fait érigé une digue afin de protéger le site. Memphis est en effet installée, comme beaucoup de ses semblables, sur une butte (une gézira) qui la met à l’abri de l’inondation annuelle. Le site se trouve près des villes actuelles de Mit-Rahineh et d’Helwân (20 km au sud du Caire), à la limite entre la Haute et la Basse-Égypte, à l’entrée du Delta du Nil, place stratégique s’il en est dont l’acte de fondation de Narmer laisse entrevoir une certaine intelligence politique.

Cette ville, capitale du Ier nome de Basse-Égypte, a porté tout au long de son histoire différents noms : le « Mur blanc », sans doute une forteresse dont Narmer serait le fondateur ; « Men-nefer », d’où provient le nom Memphis, (qui est en fait le nom de la pyramide de Pépi Ier – VIe dynastie – à Saqqarah) ; « la Balance des Deux-Terres », qui indique son rôle pivot dans la géopolitique du pays ; « Hout-ka-Ptah », le Château du ka de Ptah, un temple dédié au dieu Ptah où étaient célébrées les fêtes-sed (jubilée des trente années de règne d’un pharaon) ; ou encore « Celle-qui-fait-vivre-les-Deux-Terres ».

Aujourd’hui, « il ne reste de la splendeur de Memphis, que quelques monticules égayés par des bouquets de palmiers.  » Durant la période thinite, la ville présentait déjà un développement urbain significatif, avec très certainement un ou plusieurs ports et des quartiers artisanaux. Elle était pourvue de deux nécropoles, l’une à Helwân et l’autre à Saqqarah-Nord. La première a livré notamment des sépultures de la Ire dynastie, des fosses maçonnées en brique crue et dont la présence au sol était indiquée par un mastaba, sorte d’édifice funéraire que l’on ne rencontre qu’en ces périodes anciennes, évoquant une forteresse et dont les murs présentent des redans. Avec la deuxième dynastie, les aménagements évolueront, les chambres funéraires souterraines gagnant en complexité et en importance. Ces tombes d’Helwân sont attribuées à de hauts dignitaires. À Saqqarah-Nord, les mastabas révèlent des hautes personnalités de l’époque ; le matériel archéologique a livré de nombreux sceaux royaux des pharaons Andjib, Den, Aha, Djer, Qaâ, Djet et de la reine Merneith. L’architecture privilégie encore la brique crue. Certains mastabas sont accompagnés de tombes individuelles destinées à la famille du défunt, dignitaire ou haut fonctionnaire de la cour royale. On y a reconnu celle d’un chancelier, prénommé Hémaka, sous le roi Den. Les tombes étaient pourvues de nombreuses denrées sensées accompagner et sustenter le mort dans l’au-delà. Ce sont ces offrandes qui sont représentées sur les stèles (cf. image ci-dessous).

C’est seulement avec la IIIe dynastie que Memphis deviendra la capitale du royaume égyptien. Mais déjà, dès la dynastie précédente, on ressent une sorte d’attirance vers cette ville, l’influence d’Abydos-This se faisant moins prégnante.

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