Ahmès, scribe d’Egypte Pharaon - un Roi-Dieu


Cette page et son contenu sont un complément textuel direct en rapport avec le roman « Ahmès, scribe d’Egypte » de Nicolas KOCH (à paraître prochainement)


L’origine du mot « pharaon »

Nous utilisons ce mot à de nombreuse reprise sur ce site, sans en avoir précisé exactement son sens et ses origines. Il s’agit en fait de la forme grécisée de l’égyptien per-aâ « la Grande Maison », passée en pharao puis « pharaon » dans notre langue. Ce qui est plus étonnant, c’est que ce terme en égyptien, pendant très longtemps, n’a absolument pas désigné le roi ! Cette « Grande Maison » est en fait la désignation du palais royal, où résidait effectivement le pharaon. Ce n’est qu’à partir du Nouvel Empire, et plus précisément au cours du règne de Thoutmosis III, que ce terme en vint effectivement à désigner le roi d’Égypte, selon un glissement que nous retrouvons dans notre langue lorsque nous parlons de « l’Élysée » pour désigner le président de la République.

Stacks Image 4172

Per-aâ, « la Grande Maison », le palais royal puis le roi à partir du Nouvel Empire.

Ses pouvoirs et ses attributs


Le pharaon est une personnalité complexe. Par essence, il n’est pas de nature humaine. Il est le fils du Dieu, le successeur d’Horus sur le trône d’Égypte, le premier des pharaons selon la mythologie. Il est choisi par les dieux ; c’est ce qu’évoquent les contes du papyrus Westcar dont nous avons parlé dans le chapitre consacré à l’Ancien Empire et qui donnent le récit d’une théogamie, terme barbare qui désigne l’union d’un humain et d’une entité divine. Les pharaons de la IVe dynastie sont présentés comme issus de la descendance de Rê ; d’ailleurs à partir de la Ve dynasties, ces pharaons ne se font-ils pas appelés « Fils de Rê » ? Nous avons vu encore Hatshepsout asseoir sa légitimité sur le trône d’Égypte en affirmant une théogamie pour son père Thoutmosis. Cela amène donc une première remarque, primordiale : il n’y a absolument aucune séparation entre l’État et le divin ou le religieux dans l’Égypte pharaonique. Cela n’aurait même aucun sens pour un Égyptien du temps des pharaons ! Ne nous en moquons pas si rapidement : cette séparation en France n’est pas si vieille (1905) et il y a encore un peu plus de deux siècles, l’État français était une monarchie de droit divin…

Mais arrêtons ici toute tentative de comparaison entre les rois de l’Ancien Régime français et ceux de l’Égypte antique. Même si effectivement la célèbre maxime de Louis XIV, « l’État, c’est moi ! » pourrait s’appliquer aux pharaons, la nature du pouvoir au sein de la monarchie française n’a rien de comparable à celle, d’essence divine, du monarque égyptien. Nous ne nous plaçons pas sur le même plan. Le roi égyptien n’est pas un homme comme les autres car il est le seul intercesseur ou médiateur possible entre les hommes et les dieux. Les nombreux épithètes qualifiant le pharaon de « dieu parfait », de « fils (charnel) du dieu » viennent éclairer ce propos. C’est sous la protection et la bénédiction des dieux que Pharaon peut exercer son pouvoir ; il est le seul garant d’une lourde tâche, celle de l’équilibre du monde, la Maât, la vérité-justice, l’harmonie de l’univers, ce qui explique le rôle éminemment religieux du pharaon censé assurer à lui seul le culte des dieux. Lorsque le roi meurt – car tout de même, il reste physiquement un humain ! – , le monde plonge dans le chaos jusqu’à ce qu’un nouveau pharaon soit désigné par les dieux, comme le raconte le songe du midi que fait Thoutmosis IV (cf. page ??). Le début du Conte de Sinouhé éclaire bien la tristesse et le désarroi ressentis par les hommes au moment du décès du Pharaon (en l’occurrence Amenemhat Ier) : « La trentième année, le troisième mois de la saison de l’inondation, le septième jour, le dieu s’éleva vers son Horizon, le roi de Haute et de Basse-Égypte, Séhotepibrê. Il s’éloigna vers le ciel et s’unit au disque solaire ; le corps divin s’unit avec celui qui l’avait créé ; la Résidence était dans le silence et les cœurs dans l’affliction ; la double Grande-Porte était scellée ; la cour était affligée, l’humanité  était en lamentation. » Également, il n’y a pas de règles établies dans la succession légitime du pharaon défunt. C’est souvent le fils aîné qui monte sur le trône mais on a bien vu que cette pseudo-règle n’a rien d’établie ou d’immuable. Et de toute façon, ce sont les dieux qui choisissent, alors… Souvent également, c’est le pharaon au cours de son règne qui désigne son successeur en le nommant co-régent, bien que certains chercheurs contredisent totalement cette hypothèse.

De par cette nature divine découlent plusieurs conséquences relatives aux pouvoirs du Pharaon : en tant qu’unique détenteur légitime de ceux-ci, il se place nécessairement tout en haut de la hiérarchie. Les ordres qui émanent de lui, les « décrets royaux » (oudj-ny-sout), sont donc nécessairement légitimes car procédant de la volonté des dieux eux-mêmes, ce qui se résume par cette maxime « tout ce qu’il ordonne se réalise ». Ainsi, Pharaon détient tous les pouvoirs, législatif, exécutif et judiciaire. Comme le dit si bien Guillemette Andreu, le pharaon est le « seul propriétaire du pays, seul prêtre, seul juge et seul guerrier » . Toutefois, très tôt avec le développement du pays, dès l’Ancien Empire, Pharaon ne peut à lui seul diriger l’ensemble des terres qui s’étalent sur plus d’un millier de kilomètres le long du Nil. En conséquence, il se doit de déléguer une partie de ses pouvoirs à des subalternes qui les exercent en son nom : au vizir, aux prêtres (le roi est normalement le seul à pouvoir accomplir les rituels), aux généraux des armées (le Pharaon est le chef des armées), etc. C’est lui qui les nomme donc à leur poste ; une nécessité pour le pays : nous avons vu ce qui se passait lorsque ces charges administratives échappaient au contrôle du pouvoir central et devenaient héréditaires…

Partant de ces principes, en tant que maître de la Terre, le Pharaon contrôle également les contrées voisines, les fameux « neuf Arcs » qui représentent les pays soumis à l’autorité égyptienne. Il se doit de les assujettir afin de faire respecter l’ordre du monde. Tous ceux qui s’y refusent sont alors considérés comme des rebelles par l’autorité royale. D’où les nombreuses représentations du Pharaon en train de massacrer de sa massue les ennemis de l’Égypte et dont les noms sont inscrits au sein de cartouches crénelés et les hommes les mains liées derrière le dos. Il est doté pour cela d’une force quasi surhumaine ; il est invincible et personne n’oserait remettre en cause cela, sous peine de voir s’exacerber sa colère.

Pharaon est aussi un bâtisseur. Secondé par le « directeur de tous les travaux du roi », souvent vizir d’ailleurs, il commande l’édification des temples destinés à s’allouer le bon plaisir des dieux afin qu’il ne l’abandonnent pas, et parfois à apaiser leur colère.

N’étant pas un homme, Pharaon est représenté accompagné d’attributs bien particuliers qui n’ont guère changés au cours des siècles, destinés à affirmer son pouvoir sur le commun des mortels, bref qu’il est un dieu parmi les humains.

C’est bien entendu en premier lieu les couronnes. Et oui, le terme est volontairement au pluriel. Nous les avons vus coiffés pour le premier d’une couronne oblongue blanche, et pour le second, dans la palette à son nom, de cette même couronne ainsi que d’une autre, plus basse et de couleur rouge d’où se détache vers l’avant une tige en spirale. Ces deux couronnes sont respectivement les symboles de la royauté de la Haute et de la Basse-Égypte. En tant que souverain d’un pays réunifié, c’est tout naturellement que Pharaon porte ces deux couronnes réunies en une seule que nous appelons le pschent, terme grec transcris de l’égyptien pa-sekhemty « les deux puissantes ».

Stacks Image 2585
Stacks Image 4224
Stacks Image 4222

Si vous êtes observateur, vous aurez remarqué que Pharaon n’est jamais représenté tête nu mais toujours vêtue d’une coiffe. Outre le pschent, Pharaon peut porter le némès, la coiffure emblématique de la royauté et qui a traversé les siècles avec quelques évolutions qui permettent de préciser la période de la représentation ; il est le seul à pouvoir porter cette coiffe constituée d’un tissu replié et tombant sur la nuque. Le bandeau frontal porte l’uræus (transcription grecque de l’égyptien iaret), le cobra femelle qui protège de son souffle de braise le pharaon. Latéralement se projettent deux retombées se prolongeant sur les épaules. Au niveau de la nuque, le tissu est replié pour former une longue tresse. La meilleure représentation de ce némès se trouve sur le masque funéraire de Toutânkhamon ou sur celui de Psousennès Ier. À partir du Nouvel Empire, nous verrons Pharaon coiffé du khépresh, la couronne bleue, essentiellement portée en temps de guerre (à droite). Habituellement portée par Osiris, la couronne Atef se rencontre parfois sur la tête du pharaon lors de cérémonies ; elle est composée d’une mitre centrale adjointe de deux plumes d’autruche.

Stacks Image 4272
Livre des morts, ©N. KOCH, musée du Louvre, Paris.

Dans cet extrait du Livre des Morts, nous voyons le troisième dieu en partant de la gauche, Osiris, portant cette couronne. Ce même dieu tient dans les mains deux autres attributs du roi : le sceptre et le flagellum (chasse-mouche, nekhakha en égyptien) :

Stacks Image 2738
Stacks Image 4282

Toujours dans le but de le distinguer, le pagne du pharaon (shendyt) est différent de ceux portés par le peuple ou d’autres dignitaires de la cour : il présente vers l’avant une forme trapézoïdale caractéristique proéminente, aisément identifiable dans les représentations sculptées des bas-reliefs. Autre particularité, le pharaon est toujours représenté sinon jeune, du moins dans la force de l’âge, mais jamais vieux. C’est bien évidemment une manière d’idéaliser la fonction ; le fait de le représenter plus grand que les autres hommes va également dans ce sens.

La titulature royale : un véritable « programme politique »


L’un des éléments importants du pouvoir du Pharaon réside dans les noms qu’ils portent, ce que l’on appelle la titulature. Elle est révélatrice des intentions royales et dessinent les contours d’un véritable programme politique, vous avez certainement eu l’occasion de vous en rendre compte tout au long de la première partie de ce livre. Il est temps de se pencher un peu plus sur les éléments qui constituent ces noms portés par le roi.

La titulature, établie au moment du couronnement, s’est étoffée depuis la période thinite jusqu’à l’Ancien Empire. Constituée alors de cinq titres, elle est définitivement fixée au cours de la Ve dynastie et devient régulière au cours du Moyen Empire.

Le premier nom du roi est celui d’Horus, le premier aussi à être apparu dans l’histoire des institutions. C’est uniquement par ce nom que nous connaissons certains des pharaons des débuts de la période historique. Ce nom, précédé du signe hiéroglyphique du faucon représentant la divinité et qui porte parfois la double-couronne, le pschent, s’inscrit assez souvent au sein d’un cartouche particulier, le serekh, une représentation stylisée des premiers palais royaux. Ce nom d’Horus est le premier des noms car, selon la mythologie égyptienne, ce dieu est le prédécesseur direct du pharaon sur le trône d’Égypte.

Stacks Image 4488

L’Horus, avec quelques variantes

Stacks Image 4492

L’Horus couronné du pschent

Stacks Image 4495

L’Horus portant le flagellum, un des emblèmes de la royauté

Le second nom dans la titulaire officielle est celui dit des « deux maîtresses » (Nebty en égyptien), Nekhbet et Ouadjet, les déesses protectrices de la Haute et de la Basse-Égypte ; c’est donc tout naturellement que le pharaon se place sous leur ombre bienfaisante. Le signe hiéroglyphique qui sert à introduire ce deuxième nom, représente le vautour et le cobra placés sur deux corbeilles utilisées par les scribes pour écrire le mot « maître ».

Stacks Image 4506
Le nom de Nebty. © Euverte.

Quant au troisième nom de la titulature, il est un peu plus énigmatique. Il est précédé du signe hiéroglyphique du faucon Horus posé sur le signe qui sert à signifier le mot « or » :

Stacks Image 4572

Les spécialistes qualifient par conséquent ce troisième nom d’Horus d’or. Sa signification précise, d’ordre évidemment religieux, n’est pas connue.
Les deux derniers titres qui suivent constituent les véritables « noms » de Pharaon, ceux par lesquels il se fait habituellement appelé, les trois autres étant plutôt des titres à vocation rituelle ou politique. Ces deux noms, parfois appelés « prénom » et « nom » du roi, sont insérés dans des cartouches comme celui-ci :

Stacks Image 4596

Il symbolise très vraisemblablement le pouvoir du Pharaon qui encercle le monde. Le premier est celui de « roi de Haute et de Basse-Égypte », dont nous avons vu préalablement qu’il pouvait se traduire par « celui du jonc et de l’abeille », symboles des deux entités géopolitiques de l’Égypte réunies sous la coupe du Pharaon :

Stacks Image 4588

Le dernier titre est celui de « fils de Rê », le « nom » du roi par lequel il invoquait son ascendance divine et que nous utilisons couramment pour les citer : Ramsès, Thoutmosis ou Khéops sont tous des noms de « fils de Rê » ! Il est précédé du signe du canard qui sert d’idéogramme pour le mot « fils »  puis le soleil pour Rê :

Stacks Image 4580

Les quatrième et cinquième noms sont souvent complétés avec des formules « standard » pourrait-on dire trivialement, à l’image des cartouches de Séthi Ier présentés ci-contre. Au-dessus du cartouche de gauche que nous lisons Men-Maât-Rê (nom de roi de Haute et de Basse-Égypte du pharaon père de Ramsès II), se trouve le titre Pasted Graphic de seigneur des Deux-Terres .

Sur le cartouche ci-dessous, le nom de fils de
Rê Séthi-meren-Ptah (« Séthi aimé de Ptah ») est quant à lui précédé de l’épithète Pasted Graphic 1 que nous traduirons par « seigneur des couronnes » mais que vous trouverez parfois dans les livres développé sous la traduction de « seigneur des apparitions ». Vous croiserez encore à l’occasion de vos promenades dans les musées – car je suis persuadé que votre curiosité est aiguisée ! – des titres comme Pasted Graphic 2 dieu parfait ou encore Pasted Graphic 3 seigneur de l’accomplissement des rites (littéralement seigneur de faire les choses), un titre qui prend un sens lorsque nous savons que seul Pharaon est habilité à accomplir ces rites destinés aux dieux, mais qu’il délègue aux diverses catégories de prêtres.

Stacks Image 4674
Cartouches de Séthi Ier, © N. KOCH, musée du Louvre, Paris

Pour conclure tout cela, voici quelques titulatures complètes à titre d’exemple et qui, je l’espère, seront assez concrètes dans leur développement :

Titulature de Thoutmosis Ier :
Stacks Image 3670
Stacks Image 3688

L’Horus « Taureau puissant aimé de Maât », le Nebty «  qui apparaît comme Neseret, grand de force », L’Horus d’or « dont les années sont parfaites, qui fait vivre les cœurs », le roi de Haute et de Basse-Égypte Âakheperkarê, le fils de Rê, Thoutmosis, qu’il soit vivant pour toujours et à jamais !

En guise de comparaison, voilà celle de Thoutmosis II (Inscription racontant une révolte en Nubie) :
Stacks Image 3730

L’Horus « dont les ka sont puissants », le Nebty « dont les années reverdissent », l’Horus d’or « dont les apparitions sont divines », le roi de Haute et Basse-Égypte Maâtkarê.

Nous avons eu l’occasion de remarquer que de nombreux noms avaient une symbolique hautement politique : Amenhotep IV changeant son nom en Akhénaton est un exemple de rôle que peut revêtir un nom de souverain, ici religieux certes mais encore politique, les deux étant indissociables. C’est le cas également avec Montouhotep II qui met un terme à la Première Période intermédiaire en réunissant les deux Égypte et en prenant le nom de Séma-taoui, c’est-à-dire « celui qui unifie les Deux-Terres ». Les exemples de ce type sont légions dans la longue histoire des pharaons.

Tous ces noms sont fréquemment complétés par ce qu’on appelle des « formules d’eulogie » , des expressions un peu pompeuses et complètement stéréotypées qui ont à peine évolué au cours de toute l’histoire de la civilisation égyptienne. Elles appellent en fait des bénédictions pour le souverain et sont habituelles dans les cours des civilisations orientales. La plus fréquente en égyptien est :

Stacks Image 3754

qui est l’abréviation de :

Stacks Image 3772

Qu’il soit vivant, intact et en bonne santé ! . Vous trouverez souvent la traduction approximative, vie, santé, force.

Après le nom du roi, on trouvera les formules Pasted Graphic doté de vie, ou encore Pasted Graphic 1 qu’il soit vivant à jamais ! En voici quelques variantes fréquentes :

Stacks Image 3798

Qu’il soit vivant pour toujours et à jamais !

Stacks Image 3800

Doté de vie comme Rê.

Stacks Image 3802

Doté de toute vie, de toute stabilité, de tout pouvoir et de toute santé, qu’il soit vivant à jamais !

Le hiéroglyphe Pasted Graphic symbolise la stabilité et le sceptre Pasted Graphic 1 la puissance, le pouvoir. Y est parfois adjoint le groupe Pasted Graphic 2 de toute largeur de cœur, ou sa variante graphique Pasted Graphic 3.

Bien souvent, les textes ne tarissent pas d’éloges pour vanter la beauté, la force, la grandeur ou la puissance de Pharaon :

« Sa Majesté était alors un jeune seigneur, un héros sans égal ; ses bras étaient puissants, son cœur était vaillant, sa force était comparable à celle de Moutou en son heure, sa forme était comparable à celle d’Atoum, et l’on se réjouissait de voire sa beauté. (…) Lorsqu’il s’avance, son visage divin est pénétré des multitudes nombreuses car son cœur est plein de force. Puissante est sa poitrine à l’heure de la mêlée, telle une flamme au moment où l’on attise ; ferme est son courage, semblable à celui d’un taureau prêt au combat (…) »

Poème de Pentaour, cité par Aude Gros de Beler, Les anciens Égyptiens, tome 1, éditions Errance, p. 99, d’après une traduction de Cl. Lalouette et relatant la bataille de Megiddo.

Plus généralement dans les textes, nous croisons diverses tournures pour désigner le pharaon :

Pasted Graphic : ny-sout, le roi ; Pasted Graphic 1 Sa Majesté, ou Pasted Graphic 2 la Majesté de… suivi du nom du roi. On croisera encore : « le souverain », « le dieu », « l’Horus dans son palais », « mon maître », « le seigneur du Double-Pays », « la Majesté de mon maître », etc.


Autour de la personne de Pharaon gravitent trois institutions : le Palais, la Résidence et le Harem. Le Palais est le lieu d’exercice du pouvoir du Pharaon, situé dans la capitale, Thèbes ou Memphis, Tell el-Amarna pour Akhénaton. Nous n’avons que très peu de vestiges de ces palais, construits le plus souvent en brique crue, tout comme une grande partie de l’architecture civile. Les mieux documentés archéologiquement sont ceux d’Akhénaton et d’Amenhotep III à Malgatta. Des informations que nous pouvons tirer des textes et des vestiges, ces Palais étaient de véritables « petits paradis », ornés de jardins somptueux, de bassins, de salles de réceptions… Accolée au Palais, la Résidence est le lieu de vie de Pharaon et de sa famille, qui comportait, outre les appartements privés, des jardins, des magasins et autres entrepôts, des cours, des logements de fonctions pour les serviteurs. Quant au Harem, il ne faut pas l’assimiler au sens que nous en avons habituellement. Il est certes le lieu de résidence des « épouses royales », des « concubines » et des « favorites » mais il abritait également une administration détachée à son fonctionnement : « directeur du Harem », « directeur des scribes du Harem », des scribes de toutes sortes, chargés du bon déroulement de l’approvisionnement ou de la sécurité, des gardes donc mais encore des serviteurs divers et variés. C’est encore un lieu d’intrigues et de complots, fomentés dans le secrets de ses salles ; l’histoire nous a livré bon nombre d’exemples. Les enfants royaux étaient quant à eux élevés dans une institution spécifique, le kep.