Ahmès, scribe d’Egypte Vie quotidienne - Alimentation dans l’Egypte antique

Vie quotidienne - Alimentation dans l’Egypte antique


Cette page et son contenu sont un complément textuel direct en rapport avec le roman « Ahmès, scribe d’Egypte » de Nicolas KOCH (à paraître prochainement)


Pour le commun des mortels, la journée comprenait trois repas : le petit-déjeuner, appelé « le lavage de la bouche », le repas du midi et celui du soir. Mais de quoi étaient-ils constitués ?

Avec le chapitre consacré à l’agriculture, nous avons déjà eu l’occasion de survoler ce qui pouvait constituer le « pain quotidien » de l’Égyptien au temps des pharaons. Mais avant d’aller plus loin, je suis sûr qu’une question vous brûle les lèvres : comment peut-on connaître les habitudes alimentaires d’une population disparue depuis plusieurs millénaires ? Voici une interrogation qui constitue une bonne « entrée » à notre paragraphe consacré à la nourriture !

Différentes sources sont à la disposition du chercheur qui se penche sur ces questions : tout d’abord, les représentations, nombreuses, dans les tombes des repas funéraires qui accompagnent le défunt et le sustente dans l’au-delà, offrandes que nous retrouvons sur les stèles funéraires, même parmi les plus anciennes, comme par exemple celle de Néfertiabet, une fille de Khéops (IVe dynastie), dont la stèle est conservée au musée du Louvre.

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Stèle de la princesse Néfertiabet, © N. Koch, musée du Louvre, Paris.

Dans cet exemple, que nous avons choisi tout simplement en raison de sa beauté et de son état de conservation, nous pouvons déjà tirer quelques informations sur la nourriture offerte dans les tombes : on distingue, devant la princesse assise, une cuisse de bœuf, pièce noble par excellence de l’animal, mais encore de la volaille et de la bière, par millier. Le texte dans le registre supérieur précise encore différents aliments, tels que la gousse de caroube, le vin, les figues de sycomores, etc. On constate bien souvent que le « menu » présenté au défunt est plus que copieux ! La formule usuelle d’offrande, assez stéréotypée, est toujours basée sur le pain, la bière, le bœuf, la volaille et le vin. Les restes d’aliments parfois retrouvés dans les tombes et autres mastabas attestent de cet aspect opulent du dîner du mort.

Toutefois, tirer des conclusions à partir de ce genre de documents est périlleux car il ne faut pas croire que le « menu » du défunt constituait la ration quotidienne de l’Égyptien lambda. Et d’autant plus que ces repas funéraires sont le lot des familles aisées… Si l’on veut se pencher sur le cas du petit agriculteur, du « petit peuple », il faut s’attacher à étudier d’autres sources, et notamment l’étude des squelettes. L’anthropologie physique funéraire permet de mettre en lumière certains comportements alimentaires à travers, par exemple, l’étude des dents dont l’usure peut indiquer la nature des aliments ingérés ; l’étude des os, radiographique en particulier, mais encore de ses constituants, est à même de révéler l’existence d’éventuelles carences alimentaires permettant de dessiner quelques comportements alimentaires. À cette source anthropologique s’ajoute l’étude des restants alimentaires, parfois étonnamment bien conservés, en particulier des pains ou des restes de céréales dans des silos ou des céramiques. Croisés avec des documents écrits, le chercheur arrive à dresser le menu quotidien d’un Égyptien, même si l’absence de papyrus décrivant des recettes de cuisine peut s’avérer être un frein. Mais on ne sait jamais, au détour d’une découverte…

Le premier élément à préciser est que la ration alimentaire était essentiellement composée de céréales, l’orge et le blé amidonnier en premier lieu, préparés sous formes de pains et de bières, ces deux éléments étant les composants « de base » du régime alimentaire. Puisque nous avons déjà eu l’occasion d’évoquer le second, arrêtons-nous l’espace de quelques lignes sur le pain.

Le pain en Égypte


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Viandes, poissons et légumes


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