Ahmès, scribe d’Egypte Konsortsium (épilogue)

Epilogue




Assis à l’arrière de la camionnette en compagnie de John, Daniel Bradley était en train de revivre mentalement les évènements qui venaient de bouleverser sans aucun doute tout son monde.

Son ami Sam Dodgson était mort au cours d’une mission qu’il avait supervisée. Son avenir à la CIA risquait d’être compromis mais il s’en fichait pour le moment.

Allongé sur le sol, la tête relevée, le Russe toussa une nouvelle fois du sang. La camionnette prenait la direction de l’ambassade américaine, dans l’espoir de l’atteindre au plus vite.

Mais Bradley ne pouvait pas attendre, il devait savoir. Il s’avança auprès du corps inerte et eut du mal à contenir sa colère qui se transforma presque en rage.


- Qui nous a vendus, espèce de salopard ? Qui ?!

Dans sa semi-conscience, le captif des Américains fut incapable d’émettre le moindre son. John continuait de comprimer fortement sa blessure à la poitrine.


- Laisse tomber, Daniel, il n’est plus en état… son cœur ne va pas tarder à lâcher.

Bradley parcourut du regard l’habitacle de la camionnette qui filait à toute allure sur les boulevards.


- A-t-on une trousse de secours ici ?

- Oui, sous la petite banquette. Mais ça ne va pas te servir à grand-chose…

Bradley souleva aussitôt celle-ci et récupéra une petite boîte en plastique blanc où un vague autocollant en forme de croix rouge indiquait son utilité. Il l’ouvrit et fouilla rapidement à l’intérieur. Il en sortit aussitôt une seringue d’adrénaline servant lors des cas de choc anaphylactique.


- Qu’est-ce que tu comptes faire de ça ?

- Ça devrait lui redonner un petit coup de fouet et nous donner quelques minutes.

Tout en parlant, il enfonça d’un geste sec la seringue dans le ventre du Russe. Il pressa l’embout et injecta l’intégralité du contenu. Il n’avait aucune idée des doses mais il s’en fichait totalement.

L’adrénaline fit son effet. Le Russe ouvrit les yeux et toussa de nouveau. Son cœur était reparti. Mais pour combien de temps ?


- Qui vous a averti que nous allions venir à la prison ?

- Va te faire foutre, l’Américain…

Sa voix était à peine audible.

Bradley dégaina son pistolet et colla le canon sur le genou du Russe.


- Parle ou tu risques d’avoir très mal.

- Je suis déjà mort, Américain, je ne crains plus rien.

Ses yeux commencèrent à se refermer inexorablement. Du sang coula de nouveau par sa bouche.


- PARLE ! Qui nous a balancés ?

Un dernier sourire vint éclairer telle une étoile filante le visage du Russe qui sombrait dans la mort.

Il n’eut alors la force que d’ânonner un unique mot, qui résonna dans le calme morbide de l’habitacle de la camionnette.

« Konsortsium ».

Fin